Aujourd'hui à la ferme des p'tits caprices…

Caprice du jour

Les stars du jour

Histoires de la ferme

La tournée de Gaston

Ce matin, Gaston a planté ses yeux jaunes dans le ciel avec cette intensité particulière qui annonce un caprice. Je l'observe depuis la fenêtre de la cuisine, ma tasse de café encore fumante entre les mains. Il fixe les nuages comme s'il cherchait à déchiffrer un message secret dans leurs formes mouvantes.

« Allez, mon beau, ta passerelle t'attend », lui dis-je en m'approchant. Mais Gaston ne bronche pas. Il sait que je sais. Pas de traversée sans le rituel sacré : douze secondes de gratouilles dans sa barbe rousse, ni plus, ni moins. Coquette, perchée sur son rebord de poulailler, l'observe avec cet air malicieux qui ne trompe pas. Elle attend sa propre sérénade matinale.

Je tends la main vers sa barbe soyeuse. Un, deux, trois… à sept secondes, il ferme les yeux de plaisir. À onze, il redresse fièrement la tête. À douze précises, il tape du sabot gauche et s'élance vers sa passerelle, majestueux comme un roi franchissant son pont-levis. Derrière lui, Coquette applaudit discrètement des ailes.

Le torchon bleu de Biscotte

On ne plaisante jamais avec les siestes de Biscotte. Cette lapine bélier aux oreilles tombantes a établi ses règles avec la précision d'un protocole diplomatique. Aujourd'hui, comme chaque jour à 17h02 pile, elle m'attend près de la brouette, ses petites pattes frétillant d'impatience.

D'abord, le rituel : elle frotte son museau rose contre le métal froid de la brouette, trois fois exactement, en émettant ce petit ronronnement qui m'attendrit toujours. Puis elle me fixe de ses yeux chocolat, attendant que je sorte LE torchon. Pas n'importe lequel, bien sûr. Le torchon à carreaux bleus, celui qui traîne près de l'évier et qui sent encore la lavande du placard.

Je le déplie délicatement sur l'herbe tendre du jardin des framboisiers. Biscotte inspecte chaque pli, vérifie l'alignement des carreaux avec un sérieux de couturière. Enfin satisfaite, elle se blottit dessous, ne laissant dépasser que le bout de ses oreilles. Au loin, Suzette tinte doucement sa clochette en signe d'approbation. Même les vaches respectent l'heure sacrée de Biscotte.

Le cercle de Prince

À l'étang, Prince a fixé une feuille de peuplier avec le sérieux d'un mathématicien face à une équation complexe. Cette feuille dorée flotte paresseusement à la surface, et lui, notre canard colvert aux reflets émeraude, refuse catégoriquement de se mettre à l'eau tant que les ondulations ne dessineront pas un cercle parfait autour d'elle.

Je le regarde aligner ses trois galets rituels sur la berge, chacun espacé de la largeur exacte de son bec. Puis il attend, immobile comme une statue, que le vent complice vienne troubler l'eau dans le bon sens. Un poisson saute au loin – les cercles se chevauchent, ce n'est plus ça. Prince soupire, ou du moins émet ce petit coin-coin désapprobateur qui lui tient lieu de soupir.

Soudain, miracle ! Les ondulations s'organisent, la feuille trône au centre d'un cercle quasi parfait. Prince plonge avec une grâce royale, nageant religieusement autour de son trésor flottant. Au moment où il ressort, la feuille s'envole, emportée par une brise espiègle. Prince me regarde, et je jurerais voir un sourire dans son œil doré : « Demain, une autre feuille, un autre cercle. »

Caprices en BD

Le Conseil de l'Étang

Prince : "Pas de cercle parfait, pas de baignade."
Gaston : "Moi, sans gratouillis de barbe, je bloque."
Coquette : "Chut, c'est l'heure de ma sérénade…"
L'étang a voté : pause caprice.

La Clochette de Suzette

Suzette : "Un, deux… oh, un rouge-gorge !"
Biscotte : "Ton fa dièse me berce, continue."
Prince : "Quelqu'un a vu mes galets ?"
Clinc ! Clinc ! L'orchestre est prêt.

Caprices croisés

Coquette : "Sans chanson, je boude."
Gaston : "Sans chrono, je rumine."
Biscotte : "Sans torchon, je file."
Avec vous, jamais un jour pareil.